Crise sanitaire et conflit : quelles conséquences pour le secteur immobilier français ?

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Crise sanitaire marché immobilier

Alors que la France se remet des deux années de crise sanitaire, et subit encore les retombées de la Guerre en Ukraine, et une inflation en hausse, le secteur immobilier connaît un recul des ventes sur quasiment l’ensemble du territoire.

Ce recul est lié à la hausse des taux des prêts, du coût de la vie, de l’inflation, mais également à cause de la hausse des prix immobiliers. 
Les deux crises ont fortement impacté le secteur, d’une part en jouant sur l’inflation, mais aussi à cause de la hausse des prix des matériaux et les difficultés d’approvisionnement.  

Si la grande majorité de la France accuse cette augmentation, seules cinq villes voient une baisse des prix immobiliers : Grenoble, Paris, Suresnes, Massy et Mantes-la-Jolie. 

La construction durement touchée par la crise

D’après une étude de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB), le secteur de la construction a connu une augmentation de l’activité sur le 2ᵉ trimestre 2022. Cette hausse est poussée par les travaux de rénovation et d’entretiens des habitations, dans le cadre de l’amélioration des performances énergétiques des logements.

La CAPEB présente tout de même un bilan positif pour la construction de logement neuf, qui progresse de 2.5%, malgré la hausse des prix des matériaux et les difficultés d’approvisionnement causé par les crises mondiales que nous subissons actuellement. Une prévision positive portée par les autorisations de construction est à prendre en compte avec une augmentation de +16,4 % en mai 2022 par rapport à mai 2021.

Baisse des constructions de maisons neuves

Malgré une augmentation sur le secteur de la construction, on constate, sur un an, que les ventes de maisons neuves ont baissé de 24%.

Cette baisse s’explique par plusieurs raisons ; l’augmentation des prix des matériaux qui a entraîné une hausse des prix des logements (en moyenne 20%) ou la difficulté d’obtenir un crédit. Selon la Fédération Française du Bâtiment, le nombre de logements individuels mis en chantier a augmenté de 6.6% quand celui des logements collectifs a baissé de 10.9%. 

Grosse progression pour le non-résidentiel

L’augmentation sur le secteur constatée par la CAPEB s’explique par une hausse des constructions neuves de 6.3% sur le secteur non-résidentiel. En effet, la construction de bâtiments industriels, publics, de commerces, bureaux ou encore d’hôtels, connaît la plus grande augmentation et permet au secteur de se maintenir à flot malgré les crises. 

Augmentation des autorisations des logements individuels et collectifs

Si le nombre de logements mis en chantier a baissé globalement, le nombre d’autorisations de construction de logements individuels ou collectifs a augmenté respectivement de +15.5% et +28.1% de juin 2021 à mai 2022 par rapport aux 12 mois précédents. Une aubaine pour les architectes de bâtiments collectifs de Mantes-la-Jolie par exemple, qui peuvent s’attendre à une augmentation des ventes en 2023. 

Stabilisation sur le marché immobilier parisien

Suite au confinement, les Parisiens s’étaient rué sur les maisons en campagne proche de Paris, « pour se mettre au vert ». Les spécialistes du marché estiment que cette tendance touche à sa fin. La clientèle première, c’est-à-dire des retraités souhaitant s’installer en région, mais pas sur la Capitale même, redevient la cible principale.

Pour autant, on trouve toujours des familles parisiennes à la recherche de maisons avec jardin pour s’éloigner du centre. Cette accalmie a permis de calmer les prix, malgré une forte augmentation. Les acquéreurs sont plus réfléchis dans leurs achats et moins dans la précipitation.