Est-ce que le BIM est un logiciel ?

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Est-ce que le BIM est un logiciel ?

Si vous connaissez un tant soit peu le monde du BTP ou que vous travaillez dans ce secteur, il est fort probable que vous ayez déjà entendu parler de l’acronyme “BIM”. En effet, on le présente très souvent comme une révolution industrielle qui ne se limiterait pas d’ailleurs qu’aux seuls bâtiments puisqu’il concernerait l’ensemble des ouvrages de la construction et engloberait même le cycle de vie d’un ouvrage donné. C’est-à-dire de son stade de programmation jusqu’à sa déconstruction. Beaucoup de promesses donc ! Voyons concrètement dans un premier temps ce qu’il faut entendre par “BIM” et qu’est-ce qu’on est en droit d’y attendre.

Si le BIM n’est pas un logiciel, qu’est-ce que c’est ?

Si on vous disait que BIM est un acronyme qui peut à la fois désigner “Building Information Modeling”, “Building Information Model” et “Building Information Management”, cela ne vous avancerait probablement pas. Si cela n’est pas fixe d’ailleurs, c’est parce que ce sigle est encore très récent et d’ailleurs, sa francisation ne fait toujours pas consensus de nos jours. La traduction “Modélisation des informations de la construction” est probablement celle qui est la plus retenue aujourd’hui.

Mais revenons à nos moutons : vous trouverez bien partout sur le net “logiciel BIM”, pourquoi ne devrait-on donc pas le considérer comme tel ? Eh bien de la même façon que “CSE (comité social et économique)” ne renvoie pas à un logiciel dans “logiciel CSE”. Donc ici, il faut comprendre “logiciel pour faciliter le processus qu’on nomme BIM ».

Car oui, le plus simple est de considérer que le BIM est un processus. C’est-à-dire qu’il permet l’enchaînement d’une suite continue d’opérations (structuration, création, intégration, construction, exploitation…) qui va permettre à la fin d’aboutir à quelque chose (un bâtiment ou tout autre ouvrage). Si on l’associe autant à un logiciel aujourd’hui, c’est en grande partie parce que son exploitation ne peut pas se passer de l’informatique, son outil principal étant la maquette numérique.

Le BIM fait alors intervenir différents acteurs (architectes, maîtres d’ouvrage, bureaux d’études comme BIMSY…) et va en outre définir qui fait quoi, facilitant grandement la gestion d’un projet de construction. Voyons maintenant ce que cela signifie concrètement.

Description des différentes étapes avec le processus BIM

Pour faire une synthèse de ce qui a été énoncé précédemment, le BIM peut être considéré comme un processus de modélisation ou encore une méthode de travail numérisée où on va utiliser une maquette numérique comme outil principal, d’où la présence de différents logiciels sur le marché pour y parvenir. Nous avons vu également que le BIM est présent dans toutes les phases d’un projet de construction, intéressons-nous maintenant à comment cela se traduit dans les faits.

L’étape de conception

Si la conception est grandement facilitée avec le BIM, c’est parce que le maître d’ouvrage pourra s’approprier facilement le projet à l’aide des visuels qui vont être générés par la maquette numérique. De plus, cette “modélisation BIM” va également permettre une communication simplifiée avec les personnes qui ne sont pas des professionnelles dans le secteur du BTP, c’est-à-dire les citoyens et usagers. On va alors privilégier les modèles numériques en 3D afin d’avoir un aperçu plus fidèle à la réalité. En outre, un logiciel BIM rend possible les choses suivantes.

  • Intégrer et simuler différents scénarios en ajoutant des éléments à la volée à la maquette numérique de départ.
  • Donner un aperçu des coûts potentiels du projet en fonction des différents scénarios.
  • Anticiper les éventuelles erreurs sur chantier, car les différentes entreprises bénéficieront chacune de la même maquette mise à jour en continu, ce qui élimine les problèmes de collision. Un exemple connu est la gaine de ventilation qui va percuter une poutre faisant partie de la structure du bâtiment.

Bien sûr, lors de cette étape de conception, il y a des allers-retours entre les architectes et les bureaux d’études qui vont rendre plus accessible la maquette numérique. Celle-ci sera alors hébergée sur un serveur ou dans le cloud afin de pouvoir être modifiée au besoin en temps réel.

L’étape de construction

Si la conception s’en retrouve grandement simplifiée grâce au BIM, ce qui a tendance entre autres à limiter les coûts, l’étape de construction n’est pas en reste. En effet, grâce à la structuration de l’information et à l’attribution précise des tâches en fonction des corps de métier sur le chantier, les processus administratifs et financiers vont être davantage optimisés. De plus, comme les erreurs sur chantier vont pratiquement disparaître, cela va aussi se répercuter dans les coûts totaux du projet avec une diminution des réserves.

Enfin, en dehors des coûts, on peut également ajouter que le BIM va faire diminuer les écarts de délais avec une phase de construction qui va s’effectuer plus rapidement. Cela s’explique notamment par une meilleure coordination liée à une meilleure communication entre les différents acteurs du chantier.

L’étape d’exploitation

Comme notre maquette numérique est réalisée en 3D et non en 2D comme on en avait l’habitude jusqu’à maintenant en utilisant du papier, cela va avoir pour conséquences d’augmenter le nombre de possibilités pour l’étape d’exploitation et de maintenance du projet.

  • Identifier en un clin d’œil les surfaces et métrés (notamment utile pour la gestion de l’espace dans un bâtiment donné).
  • Faire un recensement précis des locaux en fonction des étages du bâtiment.
  • Connaître précisément les différents équipements de la construction (nom de la marque, type, année de fabrication…). Ceci va entre autres permettre de faciliter la gestion des maintenances régulières, ce qui en réduira mécaniquement les coûts du fait d’un meilleur suivi.
  • Donner des bases statistiques plus élaborées pour l’analyse des coûts d’exploitation.

Ainsi pour résumer, le BIM promet à la fois une réduction du coût des projets de construction, une diminution des délais, mais également une meilleure exploitation grâce à des données plus facilement accessibles et un suivi plus précis.